top

Dimanche 30 avril 2017

Avant-dernier film de la programmation : "Tramontane" de Vatche Boulghourjan

Pour l'avant-dernier film de la programmation du Prix Jean Renoir des Lycéens, place à Tramontane, oeuvre intimiste de Vatche Boulghourjan, et à quelques travaux d'élèves :

Affiche_Tramontane.jpg
 

Tout d'abord la critique très aboutie et personnelle de Clémentine :

ENTRE MONTS ET MENSONGES,

celui qui veut (sa)voir..

 

Sans conteste, Tramontane est le film le plus abouti que nous ayons vu jusqu'alors dans la sélection du prix Jean Renoir. Vatche Boulghourjan nous livre une œuvre intime prenant racine dans ce pays qui l'a vu naître : le Liban. Entre reportages, documentaires et heures de recherches inévitables pour mener à bien tous ses projets, Vatche trouve le temps là où il n'en a pas, et obtient un master en cinéma à la NYU (New-York University). Dès ce moment là nous aurions dû le remercier d'avoir continué à chercher sa voie, car à présent on peut l’affirmer haut et fort : il a trouvé son terrain de jeu (et pu**** qu'est-ce qu'il est doué...). L'œuvre cinématographique qu'est Tramontane est d'une rare beauté comme le prouve le fait que le film ait été retenu en compétition de la semaine de la critique lors du festival de Cannes 2016.

Ici je vous ai donné un festival reconnu par tous comme mettant en concurrence des films de qualité, mais je peux aussi vous donner des exemples de festivals plus méconnus auxquels il a participé, comme le festival du film de Namur, moins médiatisé certes, mais qui saura reconnaître la valeur de Tramontane en lui décernant le prix de la Découverte. Car, oui, c'est une découverte et sans mauvais jeu de mots, qui nous fait redécouvrir chacun de nos sens... On suit Rabih, virtuose de musique classique arabe dont le nom signifie "printemps" et dont la cécité donne une fraîcheur et une sensibilité à sa musique. Faisant partie d'une chorale, et étant à l'aube d'une tournée européenne, il doit refaire ses papiers, mais lorsque sa demande de passeport est refusée et la légitimité de sa carte d'identité remise en cause, il découvrira qu'il n'est pas le fils biologique de sa mère Samar et de son père décédé quelques années auparavant, il partira donc à la recherche de ses origines.

Tout dans cette œuvre trouve sens à nos yeux, images et sons, dont la surprenante cohérence nous raviT tout du long de ce film. Au travers de brusques changements de plans et de luminosité, Vatche Boulghourjan transmet au spectateur un choc physique naturel irritant pour les yeux mais qui fait naître en nous des questions quant aux difficultés que peut rencontrer un aveugle et ce que lui peut ressentir dans ce monde, qui pour les voyants, ne tourne parfois qu'autour du paraître.

Si il a choisi Barakat Jabbour, aveugle de naissance, cela lui a permis d'éviter de tomber dans les discriminations et clichés liés à la cécité. Le naturel de l’acteur qui était jusque lors sans expérience théâtrale ou filmique est touchant, l'absence de vision du jeune homme permet la disparition de la caméra et une proximité entre celui qui regarde et le personnage principal qui, lui, ne nous voit pas. Si au théâtre il faut que l’acteur regarde le spectateur et s’adresse à lui pour briser le quatrième mur, ici, Vatche Boulghourjan a trouvé le moyen de le faire disparaître sans même que l’on s’en aperçoive. Progressivement, nous aussi entrons dans les paysages et suivons avec attention et suspens les révélations contradictoires qui seront faites à Rabih. De mensonge en mensonge, il arrive pourtant à recueillir peu à peu des éléments de réponses à ses questions, et paradoxalement, dans ce pays encore hanté par la guerre, ceux qui voient et qui ont vu ne veulent pas voir et celui qui ne voit pas, cherche à (sa)voir. Le seul qui se confiera à lui en toute honnêteté est interné en hôpital psychiatrique, pour cacher les vérités d'un Liban aux mains tachées de sang. Cette impossibilité à connaître la vérité et à la reconnaître est donc directement liée à l'histoire du pays et à sa guerre civile qui aura fait entre 130000 et 250000 victimes. Et justement, les pierres angulaires de ce film sont en opposition à cette hypocrisie croissante, il s'agit de l’honnêteté, de la générosité ainsi que de l'engagement. Honnête face aux fautes commises par ce pays mais aujourd’hui encore taboues, généreux dans les images et les musiques qui nous transcendent, et engagé tant par rapport à l'handicap du personnage que dans sa quête qui elle aussi met en cause les erreurs liées à la guerre. En plus de tous ces aspects, il s'agit aussi de trouver le rôle d'une mère, les limites de son influence, de ce qu'elle doit révéler ou non, l'amour qui se veut porteur de bonheur mais qui cache parfois autre chose qui se révèlera tôt ou tard.

Vatche Boulghourjan, dans cette quête perpétuelle de la vérité, nous révèle en toute sobriété le quotidien de ceux qui ne voient pas, ainsi que des aspects de leur vie que l'on ne soupçonnait pas et qui par la suite nous semblent logiques comme le fait qu'ils puissent se trouver dans le noir chez eux, sans besoin d'allumer la lumière et qu'ils agissent comme quiconque agirait chez lui. Ou bien leur sensibilité aux sons qui est décuplée, symbolisée dans ce film certes grâce à la virtuosité musicale de Rabih ou bien, de manière plus implicite, comme sur ce plan qui se centre de longues secondes sur le carillon d'une porte qui s'ouvre et qui lui fait faire ses notes bien distinctes pour annoncer l'arrivée de quelqu'un sans le montrer pour autant.

Mais au delà de toutes ces prises de vues, de tous ces dialogues qu'ils soient vifs comme silencieux, ce sont aussi les mots choisis par le réalisateur qui ont un sens. Le mot "Tramontane" a rien qu'à lui de nombreuses significations, qu'il s'agisse du vent, du terme pour désigner l'autre côté de la montagne, il a aussi pour sens en anglais archaïque, "l'étranger", "le barbare", donc, celui qui est différent de soi. Tout cela dénote bien de la minutie du réalisateur qui cherche à donner un sens à chaque détail de son film.

Sont nombreuses, les personnes à associer ce film à Incendies de Denis Villeneuve, d'après la pièce de Wajdi Mouawad, dans laquelle Jeanne et Simon apprennent à la mort de leur mère, qu'ils ont un père et un frère résidant au Liban. En toute connaissance de cause, car lectrice du tome trois de cette trilogie, j'imagine sans grandes difficultés à faire le rapprochement possible entre Incendies que je n'ai certes pas vu mais qui est qualifié de fidèle au livre, et l’œuvre de Vatche Boulghourjan.

Tramontane. Voilà une œuvre de toute beauté qui saura marquer les esprits.

Clémentine Miconi

Dimanche 26 mars 2017

"Baccalauréat" de Christian Mungiu, double vision de Clémentine

Affiche_Baccalaureat.jpg
 

 

1968, Lasi, Roumanie, Christian Mungiu vient de naître dans ce pays qui, une trentaine d'années plus tard, l'inspirera pour ses longs-métrages. Son premier, Occident, passe inaperçu, à l'inverse de 4 mois, 3 semaines, 2 jours qui décroche la palme d'or du Festival de Cannes en 2007. Dès 2012, il se détache de sa période Ceausescu, appelée ainsi car elle relate des faits inspirés de la Roumanie communiste sous la dictature de Nicolas Ceausescu. Il quitte donc ce cinéma-là, pleins de projets en tête dont celui de Baccalauréat.

 

Mais cela n'aurait peut-être dû rester qu'un projet car, oui, l'idée était plus que bonne : Eliza, jeune bosseuse acharnée est agressée à la veille d'examens importants. Cet événement la déstabilise et entrave son objectif qui est d'avoir la mention lui permettant d'obtenir une bourse d'études pour partir en Angleterre comme son père le souhaite tant. S'ensuit alors un enchaînement d'arrangements frauduleux du père qui s'enlise de plus en plus dans les mensonges.

Si le jury du festival de Cannes lui a décerné le prix de la mise en scène, j'opterai plutôt pour le prix de l'idée, car justement ce film au synopsis attractif ne correspond pas aux attentes de mise en scène du spectateur, lequel est bien vite déçu. Un rythme soit trop lent, soit trop rapide, qui ne trouve pas de juste équilibre. L'intrigue ne trouve pas le moment parfait pour se déclarer, soit il aurait fallu laisser le spectateur posséder l'image, lui laisser le temps de trouver sa place dans cet amoncellement d'informations ou soit, a contrario, le prendre de vitesse en lui imposant dès les premières secondes l'événement déclencheur et le faire se plonger au cœur de l'histoire.

Si vous vous attendez à une œuvre attentive au dérèglement moral d'une jeune femme traumatisée, vous assisterez à un tout autre scénario. On suit principalement Roméo, son père, chargé de la mécanique du drame. C'est lui qui, entre deux rendez-vous avec sa maîtresse dont il est le médecin et qui, elle, travaille au lycée d'Eliza, va avec un acharnement aveugle reporter tous ses rêves éteints sur sa fille.

C'est ainsi que ce film, en plus d'être une enquête policière, s'inscrit dans le registre du drame familial mais aussi de la critique sociale. Car non, le réalisateur n'avait pas pour but premier d'analyser et de fouiller les méandres de la psychologie humaine mais ceux d'une société pourrie par les arrangements. Ces petits trafics d'intérêts débutent par Roméo qui demande un service à un agent de police chargé de l'affaire, s'ensuit alors d'autres demandes en retour, pour en arriver à un député malade ayant le pouvoir de « soigner » les copies un peu faiblardes de la jeune fille.

Mais, en repensant à ce film, je ne lui reproche pas ses longs plans-séquences qui dévoilent la misère roumaine, non, je me reproche à moi-même d'avoir ce filtre, ou cette barrière, peu importe le nom que je lui donne, car son effet reste le même et ainsi m'empêche de juger ce film avec objectivité.

Dès lors, il faut tout reconsidérer. Non, l'image n'est pas plaisante; oui, les lumières blafardes accentuent la pâleur des visages ; oui, cette même lumière achève de rendre les paysages encore plus gris et mornes qu'ils ne le sont et ces structures en béton encore plus délabrées , mais c'est au spectateur, à toi, de travailler à ton tour sur ta perception des événements. Il faut délaisser les premières attentes qui planaient dans nos têtes, faire le choix de s'adapter et d'écouter, de prendre ce que les images ont à nous offrir et de comprendre, ou tout du moins essayer de comprendre ce que le réalisateur nous montre. C'est au spectateur de prendre le témoin, comme dans une course de relais, et c'est à présent à lui de réfléchir à cette relation père-fille, à ce monde manipulateur et manipulé qui entoure les protagonistes, mais qui nous entoure nous aussi, pour qu'à la fin le spectateur soit gagnant. Gagnant dans le sens où, victorieux, il a réussi à déceler la beauté de ce film, de ce qu'il dénonce, sans s'être laissé entraîner ailleurs par des défauts omniprésents dans la trame de l'histoire et qui, pour certains, feront barrage pour bien apprécier ces deux heures et huit minutes de cinéma.

Clémentine Miconi

 

 

"Baccalauréat", une critique quelque peu assassine de Clémence...

La palme d'or ? A revoir !

Roumain – Français – Belge

7 décembre 2016

Drame

Baccalauréat, voici le titre du film. On peut alors se dire que ce film est fait pour les lycéens ou bien juste des adolescents. Et bien non. Vous accompagnerez le père d'Eliza, Romeo, un homme qui s'est démené toute sa vie afin que sa fille puisse avoir son bac et ne peut donc se résoudre à ce qu'elle échoue aux épreuves. Magouilles entre correcteurs et hautes personnalités s'en suivront.

 

A lire le synopsis du film, vous vous direz : « Oh ! On va voir une fille qui est traumatisée après son agression, et qui va essayer de se ressaisir afin d'avoir son bac. Intéressant de voir des scènes dans le lycée, et peut-être la réaction des lycéens ! »

Et bien non plus ! Un bras cassé, voilà le dilemme... Super l’élément de perturbation ! Le réalisateur Cristian Mungiu n'aurait-il pas pu trouver mieux ?

 

Déjà, dès le début du film, on est mal à l'aise. Romeo ( Andrian Titieni ) court dans la rue, la caméra est en mouvement, mais beaucoup trop. On a l'impression de voir une caméra cachée, un filmage d'amateur. On prie pour que cela ne soit que passager.

Heureusement que, par la suite, le filmage redevient professionnel et que des gros plans arrivent... Sinon on aurait presque envie de sortir de la salle.

On remarque tout au long de l'histoire de nombreuses scènes en voiture, dans lesquelles on retrouve Romeo et Eliza ( Maria-Victoria Dragus ) que l'on peut observer grâce au rétroviseur. Un choix de filmage original par rapport au reste. On aurait presque l'impression d'être dans la voiture avec eux.

Entre une mère cocue et dépressive ( interprétée par Lia Bugnar ) et un père qui répète sans cesse : « Ce n'est rien cette agression ». Comment voulez-vous empêcher la jeune fille de s’éclipser avec son petit-ami, Marius ( Rares Andrici ) ? Franchement, on la comprend totalement.

 

La morale sur le Bien et le Mal sauve le film. Après tout, c'est seulement l'histoire d'un père qui enfreint la loi pour assurer un bon avenir à sa fille.

Et cette dernière veut malgré tout rester sur le bon chemin !

 

C'est juste que les acteurs sont bons mais pas le déroulement de l'histoire.

Surtout pour des adolescents.

Bon film de 2H08 ! 

Si vous allez le voir, bien sûr...

Clémence Billard

Mention bien pour "Baccalauréat", critique de Laury Fortin

Laury_image_Baccalaureat.jpg
 

Après la palme d'or en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, Cristian Mungiu, revient cette année avec le film Baccalauréat, qui a été récompensé par le prix de la meilleure mise en scène au festival de Cannes. Le réalisateur est un des chefs de file de la « Nouvelle Vague Roumaine » apparue au début des années 2000. Cristian Mungiu a évolué sous le gouvernement communiste de Ceausescu, voici la cause de sa réflexion dans ses films, il n'hésite pas à exposer les problèmes que ce gouvernement a laissés après sa chute qui remonte à une vingtaine d'années, cependant les progrès sont très lents à se mettre en place, ce qui suscite des frustrations auprès des Roumains.

 

Dès le début du long-métrage, on remarque que le personnage principal, Roméo, joué par Adrien Titieni, a tout pour être heureux, c'est un chirurgien d'une cinquantaine d'année, il trompe sa femme dépressive avec une jolie patiente attentionnée qu'il a opérée auparavant. Sa fille, Eliza, est une élève brillante, dont l'avenir est presque tout tracé, il ne lui manque plus que de décrocher son baccalauréat avec la mention très bien. Mais tout est trop beau...Quelques jours avant son examen, elle se fait agresser par un inconnu, mettant entre parenthèse sa réussite et ses études en Angleterre. C'est à cet instant précis que son père décide de mettre tous les moyens à sa portée, en œuvre, pour garantir les bons résultats de sa fille, ce qui entraînera peu à peu sa chute.

 

Nous voici partis pour environ 127 minutes d'exploration de la société roumaine d'aujourd'hui, le film tourne autour de la fraude, de la corruption, de relations malhonnêtes. Mungiu décrit son film comme une histoire universelle qui ne se focalise pas uniquement sur la société roumaine. Les dilemmes moraux qu'il pose sont ceux d'un homme de 50 ans, qui se pose des questions sur sa vie et sur celle de son enfant. Les questions d'éducation, d'avenir pour les générations futures sont au centre de ce film : faut-il rester ou partir de ce pays sinistré ? Tous les enjeux de ces propos, sont traduits par des moyens techniques, une atmosphère grise, une lumière extérieure comme intérieure glauque, peu diffuse, avec une gamme limitée de couleurs. Cette lumière souligne le mal, les traits qui se creusent, l'anxiété, les pensées sournoises, c'est le reflet de la réalité sans aucune clarté. Des regards, des paroles, des acteurs sincères, des scènes comme une rupture sans larmes d'un couple, un policier qui trouve tout à fait normal les arrangements que Roméo fait avec l'administration de l'examen, une discussion entre père et fille qui ne peut pas être plus sincère, tout cela montré à l'écran par des plans-séquences, moyens techniques très appréciés du réalisateur, les spectateurs sont alors très réceptifs à toutes ces émotions partagées.

 

Cependant, Cristian Mungiu le dit lui-même il a réalisé ce film « en pensant aux parents », ainsi toutes ces interrogations caractérisées comme étant celles « d'adultes » peuvent ne pas toucher les plus jeunes spectateurs. Les plans-séquences sont parfois trop longs, l’œuvre peut paraître trop complexe et trop réfléchie aux yeux de certains avec des fausses pistes et des énigmes qui rythment le film du début jusqu'à la fin, sans répit.

 

Baccalauréat reste tout de même un beau film sincère comme on aimerait en voir plus souvent, Cristian Mungiu et toute son équipe peuvent se féliciter de ce travail mené avec une extrême précision notamment sur la mise en scène et la réflexion liée au scénario : bravo !

 

Laury FORTIN

samedi 25 mars 2017

PJRL et séances de projection... la parole est aux élèves !

Cela fait bientôt 6 mois que notre classe de première L participe au Prix Jean Renoir, 6 des 7 films ont pour l'instant étaient visionnés : Le fils de Jean, Soy Nero, Sonita, Moi, Daniel Blake, Baccalauréat et Tramontane, le temps est donc venu  de faire un point sur cette expérience et, pour cela, j'ai interrogé les principaux intéressés sur le sujet...  Je leur ai posé une question simple :

Que pensez-vous du Prix Jean Renoir des Lycéens ?

 

« C'est une expérience très intéressante, qui me permet de visionner des films que je ne vais pas voir de moi-même, et puis ça aide aussi à nous forger un esprit critique. Parce que c'est facile de se dire qu'on aime ou pas un film mais trouver les raisons pour pouvoir en faire une critique cinématographique, là, c'est un peu plus compliqué. Maintenant, je trouve plus facilement les raisons de mes goûts et écrire des critiques ne peut être que bénéfique pour nos examens de fin d'année.» - Clémence LECERF.

 

« C'est une bonne chose de participer à ce prix car, comme l'a dit Clémence, on voit des films que l'on n'a pas forcément l'habitude d'aller voir. Cela nous permet aussi d'enrichir notre culture et c'est aussi un projet qui ne reste pas trop scolaire car on a le choix après chaque film de réaliser une critique soit «classique» ou soit «créative» ainsi ça nous permet aussi de perfectionner notre écriture et notre sens créatif. Cependant, il faut tout de même le dire, le prix nous prend un peu de temps, car réaliser une critique ne se fait pas en une heure...»

- Marie QUESNOT.

 

« Avoir inscrit notre classe au Prix Jean Renoir des Lycéens est une très bonne idée car déjà on peut aller au cinéma gratuitement ce qui est plutôt agréable et on a le privilège de voir des films qui viennent juste de sortir. Et puis, c'est bien parce que ça nous permet de passer de bons moments ensemble avec la classe, un petit moment de répit dans la semaine même si on sait qu'on devra travailler par la suite... Réaliser des critiques nous permet de renforcer notre esprit critique, prendre l'habitude de mettre des mots sur nos avis personnels, cela va probablement nous aider pour nos examens à la fin de l'année.»

- Manal BENAYAD.

 

 

Pour ma part, je suis heureuse de participer à ce prix car, comme mes camarades l'ont dit, ça nous permet de voir des films récents gratuitement et d'élargir nos goûts cinématographiques. Par la suite, il y a du travail à fournir mais ça nous permet de perfectionner pleins de points comme notre esprit critique, notre écriture, d'enrichir notre vocabulaire et d'apprendre des termes techniques du cinéma. Et, à chaque début de séance au cinéma, des groupes d'élèves prennent la parole et nous présentent le film ; presque toute la classe est passée, ça m'a permis de prendre la parole devant un certain nombre de personnes que je ne connaissais pas puisque ce sont des séances ouvertes au public et donc d'améliorer mon oral ; pour les épreuves orales prochaines, c'est une bonne préparation.

Je photographie ces prises de paroles ;  comme j'apprécie la photo, ça me permet d'avoir une autre façon de participer au prix et en plus ces clichés servent pour illustrer les articles sur le site du lycée.

Montage_projections.JPG

Quelques-uns de mes clichés

Si je résume, pour les principaux élèves interrogés, la participation au Prix Jean Renoir des Lycéens, est un moyen de voir des films différents et récents, d'améliorer différents points comme l'oral, l'écrit, la créativité, l'esprit critique. Mais aussi, ce qui revient le plus souvent à la bouche des élèves, c'est que cela leur servira pour leur examen et leur vie future.

 

Laury FORTIN

Mercredi 22 avril, sortie à Paris, sous le signe du cinéma et de la culture, pour les 1ère L

Mercredi 22 mars 2017, toute la classe de 1ère L du lycée s'est rendue, de bon matin, en car, à Paris pour une journée culturelle bien remplie.

 

La classe, dans le cadre du Prix Jean Renoir des Lycéens 2017, a d'abord visité le Musée de la Cinémathèque française. La visite guidée de la collection permanente a permis aux élèves d'enrichir leurs connaissances et d'admirer des appareils antérieurs à l'invention, en 1895, du cinématographe. Ils ont aussi pu prendre conscience des étapes successives qui ont abouti à l'élaboration d'un appareil associant trois inventions déjà présentes séparément : la projection, la photographie et, en dernier lieu, la décomposition et la synthèse du mouvement.

Devant_la_cinematheque_2.JPG

Devant la cinémathèque

Accompagné de leurs professeurs d'histoire-géographie, Mme Caillot-Morby ; de français, Mme Ferrière et de l'assistante pédagogique d'histoire-géographie Mme Lecointre, le groupe a ensuite rejoint à pied le Musée du Louvre, histoire de découvrir quelques chefs-d'œuvres de la Renaissance italienne et les œuvres majeures d'Eugène Delacroix, étudiées en classe.

La journée s'est terminée par un clin d'œil à Jean Renoir puisque les élèves ont assisté à une représentation de La Règle du Jeu à la Comédie française, dans la salle Richelieu. La mise en scène de Christiane Jatahi mêlant, de manière singulière et surprenante, théâtre et cinéma a été, pour la majorité des spectateurs, appréciée. Les élèves ont pu retrouver, dans cette adaptation, l'audace du réalisateur Jean Renoir.

Mise en page 1

 

A n'en pas douter, cette sortie pédagogique et culturelle dans la capitale laissera à tous des souvenirs essentiels dans la préparation des épreuves anticipées du baccalauréat (eh, eh) et donnera aussi encore plus de sens à l'aventure du PJRL.

S.F. et C C.-M.

Dimanche 12 mars 2017

Daniel Blake, un homme au grand cœur

Affiche_Moi__Daniel_Blake.jpg
Katie, ses enfants et Daniel

Moi, Daniel Blake est le dernier long métrage de Ken Loach, né à Nuneaton (Angleterre) en 1936. Il a pratiqué le cinéma pendant cinquante ans et a construit ses propres méthodes de travail. Les difficultés de la vie sociale représentent un thème récurrent chez ce réalisateur qui a reçu sa deuxième palme d’or grâce à ce film. 

Alors qu’en 2014, Ken Loach annonçait qu’il arrêtait sa carrière de réalisateur, il a néanmoins repris la réalisation de Moi, Daniel Blake pour dénoncer la politique « sociale » de David Cameron. Pour cela, il est parti enquêter sur les personnes sans-emploi et a visité les banques alimentaires pour recueillir des témoignages. Hayley Squires qui interprète le rôle de Katie, raconte qu’ils ont rencontré des femmes qui sont plus ou moins dans la même situation de Katie, dans des centres d’hébergement.

Ken Loach est une personne atypique dans la manière de tourner les films, il aime garder l’effet de surprise et le naturel de ses acteurs : « Parfois, on ne donne aux acteurs qu’un bout de la scène. On ne donne à un acteur que ses répliques, et juste les réponses du second acteur, sans les donner au premier, pour qu’il les entende pour la première fois. C’est ce qui permet d’obtenir un frisson, une surprise, un choc, un éclat de rire… ». Hayley Squires dit pour sa part : «  C’est un rêve de tourner dans l’ordre chronologique, de jouer sans connaître la suite. C’est idéal ça permet de vivre la scène, dans l’instant, avec votre partenaire. » Les acteurs ne savaient même pas la fin de l’histoire car souvent le réalisateur leur donnait de fausses pistes, ce que confirment Hayley Squires: « A la fin on ignorait ce qui allait se passer jusqu’à la dernière minute. » et Dave Johns qui interprète le rôle de Daniel Blake : « Je l’ai su entre les prises » (juste avant la scène de sa mort), sa partenaire à l'écran : « Oui et moi, même pas. Et quand on a joué la scène en question, je n’ai su comment elle finissait qu’en la jouant. »



Dans cette fiction sortie le 26 Octobre 2016, Daniel Blake, un homme d’une soixantaine d’années, ayant eu une crise cardiaque se trouve dans l’incapacité de travailler. Malheureusement, ce dernier se doit de chercher du travail sous peine de se voir retirer ses indemnités alors qu’il a travaillé durant 40 ans. Pour l’Etat, il est apte à travailler mais ce n’est pas l’avis des médecins. Il rencontre alors au « Job Center » Katie, une jeune femme célibataire ayant deux enfants, se trouvant dans l’obligation de quitter sa ville pour ne pas être en foyer d’accueil. 

Dès les premières scènes, Ken Loach réussit à capter notre attention. Nous ne voyons qu’un écran noir, mais nous pouvons entendre une conversation entre Daniel et une enquêteuse médicale pour remplir un formulaire de renseignement. Cette scène nous donne envie de voir la suite et les visages des protagonistes. Nous avons l’impression que cette scène a servi pour que nous puissions faire plus attention à la discussion. Ce passage nous montre que l’interlocutrice pose des questions inadaptées pour le cas de Daniel. Toutes les interrogations de cette enquêtrice figurent sur le dossier qu’a rempli auparavant Daniel, cela montre encore plus l’absurdité. 

Il n’y a pas beaucoup de zooms sur les traits du visage des personnages, cela fait plus réaliste. Par un effet d'angle subjectif, nous avons toutefois l’impression d’être les personnes qui attendent leur tour au « Job Center » dans la scène où on voit pour la première fois Katie et ses enfants. Cet endroit est austère, froid, gris alors qu'il devrait être accueillant car il est sensée être un lieu pour aider les personnes dans le besoin. Les lois découragent les personnes pour que l’Etat donne moins d’argent et économise encore plus. C’est un des éléments que reflète la froideur des personnes travaillant dans cet endroit, oubliant au passage leur vocation première. Cela est devenu un lieu qui humilie, punit…

Nous pouvons nous apercevoir que la technologie est devenue importante dans la société, ce qui est d’ailleurs un inconvénient pour les personnes ne sachant pas l’utiliser, le CV de Daniel Blake est refusé car il est manuscrit. Son incapacité à utiliser un ordinateur est à la fois réaliste, en ce qui concerne la situation réelle de certaines personnes, et comique.

Le fait que Katie se prostitue montre la nécessité de gagner de l’argent. On se souviendra de la scène dans laquelle Katie est obligée de voler des serviettes hygiéniques, un rasoir et un déodorant. Le patron du magasin fait preuve de compassion et la laisse partir avec. À la banque alimentaire, Katie ne peut s’empêcher d’ouvrir une boîte de conserve pour en manger son contenu, on a un sentiment de malaise à ce moment car c’est inhabituel de voir quelqu’un mourant de faim dans les sociétés occidentales. Nous pouvons voir l’immense attente devant la banque alimentaire, preuve que beaucoup de gens sont touchés par ces nouvelles lois sociales.

A la fin de ce long métrage, Daniel meurt. Nous pouvons dire que le système l’a tué. À son enterrement, l'employée du « Job center » est présente sur un banc et nous pouvons lire sur son visage le regret et la tristesse de ne pas en avoir assez fait comme toutes les autres personnes qui sont là. La musique à l’enterrement est la même que celle que Daniel a fait écouter aux enfants de Katie, c’était la préférée de sa femme. 

Nous pouvons dire que c’est un très beau film, émouvant, qui nous a fait verser quelques larmes. Nous vous conseillons de le regarder.

« On peut s’attaquer aux injustices en faisant des films », Ken Loach.



Merci à Hasna BAKHTA et Yasmine LUFTNER pour cette critique.

samedi 25 février 2017

Moi, Daniel Blake, un film qui inspire...

Comme vous pourrez le voir le film de Ken Loach, Moi, Daniel Blake a fait naître pas mal d'idées fructueuses au sein de la classe de 1ère L. Il est vrai que ce long-métrage avait de quoi susciter des réactions.

Clémentine Miconi et Laury Fortin ont eu envie de produire un jeu de société qui s'intitule Comment tuer Daniel Blake ? Le concept ne manque pas d'esprit et d'ironie quant au système économique et social britannique injuste que dénonce Ken Loach. Nous vous laissons en découvrir les principes et la logique : 

Jeu_de_societe_Clementine_et_Laury.jpg
Un jeu de société machiavélique...

 

 

Plateau_jeu_de_societe.jpg
A l'image d'un système économique et social stigmatisant...

 



 
 

Règles du jeu :

Vous êtes un membre du gouvernement britannique ; pour gagner ce jeu, il faut que vous arriviez à un score négatif de minimum -30 points. Pour comptabiliser ses points, il suffit d'inscrire sur un petit papier le score écrit sur chaque case sur laquelle votre pion tombe.

Ex: +1 pt pôle emploi / -30 pts AVC.

Si vous êtes à moins de 0 point votre personnage est à la rue, si vous êtes à -30 points (ou -40, -50...) votre personnage meurt. Mais si vous êtes à un score de plus de zéro, vous avez perdu, votre personnage est heureux et a réussi à survivre.

Pour avancer, il faut employer la pièce de monnaie de votre jeu et jouer à pile ou face. Pile : avancez de deux cases. Face : avancez d'une case.

 

Signification des cases :

A.V.C. : Votre personnage fait un arrêt cardio vasculaire.

Perte emploi : Votre personnage se retrouve au chômage.

"Médecin incompétent » : Votre personnage rencontre un de vos "médecins" non qualifié, qui n'a pas suivi le parcours médical nécessaire pour s'occuper du dossier ni avoir du recul sur les problèmes de santé de votre personnage.

PETITE CAMERA : carte bonus qui vous renseigne sur votre personnage, le film auquel il appartient, les techniques de filmage...

"Un cinéma engagé": Ken Loach est un réalisateur ayant des principes qu'il défend au travers de ses nombreuses oeuvres. Il met en lumière le système que vous, membre du gouvernement, laissez en place alors qu'il réduit à la misère vos personnages.

"Groupes homogènes et disloqués": Ken Loach joue avec les effets de groupes et les avancements des personnages qui parfois se trouvent, se quittent, se retrouvent..

"Plans séquences pour plus de réalisme": Le réalisateur du film autour de votre personnage, fait le choix de faire peu de coupures pour que les scènes soient plus longues et semblent plus réelles. BONUS: vous pouvez rejouer.

"Caméra à bonne distance des personnages": La caméra se place toujours à bonne distance de votre personnage pour le suivre de près tout en n'empiétant pas sur son chemin, ce qui renforce le lien entre vous et votre personnage.

"Regards marquants": La caméra capte le regard de votre personnage, plus il est triste, plus vous gagnez de points. BONUS: + 10 points.

PÔLE EMPLOI : votre personnage a un rendez-vous à Pôle emploi, espérons pour lui qu'il ratera son bus et qu'il ait une ou deux minutes de retard !

SYSTEME DEFAILLANT : Bravo à vous, votre système économique et social est défaillant, votre personnage ne peut pas toucher d'aides pour diverses raisons. Vous n'avez plus qu'à esérer qu'il soit trop âgé pour utiliser internet, aucune chance pour lui de s'y retrouver.

RENCONTRE INATTENDUE : OH NAN! Votre personnage fait la rencontre d'une petite famille comme lui dans le besoin, il ne faut surtout pas qu'ils tissent de liens, cela pourrait renforcer votre personnage.

SOLIDARITE : Votre personnage est solidaire avec la petite famille, il reprend des forces.

PAUVRETE : Votre personnage est de plus en plus pauvre.

BANQUE ALIMENTAIRE : Votre personnage et la petite famille vont à la banque alimentaire qui leur donne de quoi se nourrir, ils sont vraiment dans le besoin, vous atteignez bientôt votre but !

HUMILIATION : Votre personnage apprend que la mère de la petite famille dont il est devenu proche se prostitue. Elle n'a pas d'autre choix. Cela mine un peu plus, chaque jour, le moral de votre personnage.

REBELLION : Oh nan !!! Votre personnage se rebelle, il est prêt à beaucoup pour se faire entendre. Attention, il pourrait rallier des gens à sa cause. Envoyez la police !

A.V.C : Votre personnage fait un arrêt cardio vasculaire, ce n'est pas étonnant vu tout ce qu'il a dû traverser. Va-t-il survivre ???

 

Comme Clémentine et Laury ont le sens de la précision et du détail, ci-après les explications de leurs choix :

EXPLICATIONS DE NOS CHOIX :

Nous avons, au travers des règles du jeu, déjà expliqué de nombreux principes. A présent, nous allons justifier plus clairement nos choix :

-UN JEU : nous nous sommes inspirées du Monopoly car c'est un jeu très populaire dans lequel on finit soit très riche, soit très pauvre. On sait donc qu'il est facile d'associer notre jeu à ce jeu, soit on survit soit on meurt, c'est un jeu très manichéen. De plus, il est mis en lumière, dans ce film, le manque d'empathie de nombreuses personnes (pas toutes) à Pôle emploi, comme si la vie de ces personnes n'était qu'un jeu.

-POURQUOI UN MEMBRE DU GOUVERNEMENT ? Nous avons choisi de vous placer à la place d'un membre du gouvernement que nous caricaturons pour bien insister sur le manque d'investissement de l'Etat britannique pour aider sa partie de la population la plus démunie.

-POURQUOI PILE OU FACE ? Car c'est un peu comme cela que ça se passe dans le film, c'est Daniel qui perd son emploi à cause de son arrêt cardiaque mais ça pourrait être quelqu'un d'autre. Tout au long du film, il s'agit de mauvaises coïncidences... Donc pour faire avancer votre personnage vous jouez cela à pile ou face. Et cette pièce de monnaie symbolise l'argent qui a une place majeure dans ce film, enfin le manque d'argent.

-POURQUOI COMPTABILISER EN POINTS ? Déjà parce que il faut bien trouver un moyen pour savoir si l'on gagne ou si l'on perd à ce jeu, mais aussi car pour certains membres du gouvernement ces personnes ne sont que des chiffres. Et si l'on regarde bien, on comprend vite qu'il est impossible de perdre à ce jeu ; même avec beaucoup de chance, votre personnage sera toujours à un score négatif.

-POURQUOI CES CASES LÀ ? Il nous semblait que ce sont les points majeurs du film. Débuter par l'AVC qui est l'enclenchement de ce tourbillon négatif, et finir par l'AVC car c'est comme cela que se finit le film. Les cases nous permettent en quelque sorte de faire le synopsis du film.

-DES PIONS BLEU BLANC ROUGE : Pour rappeler les couleurs du drapeau anglais.

-CHOIX DE LA BOÎTE DU JEU : Une pochette administrative qui rappelle que les personnages du film, comme Daniel, sont considérés comme des dossiers par Pôle emploi.

 

De leur côté, Clémence et Ludivine ont produit un panneau qui rend compte à la fois de la démarche de Ken Loach et des déboires de Daniel Blake :

Panneau_Ludivine_et_Clemence.jpg
Ludivine Hatrel et Clémence Lecerf

Voici les explications de leur démarche :

 
 

"Si nous avons voulu faire notre critique de cette manière c’est tout simplement car nous voulions changer de support. En effet, nous avons choisi de prendre deux portraits-photos en couleurs des deux personnages qui nous intéressent : Dave Johns dans la peau de Daniel Blake et Ken Loach, le réalisateur britannique de ce film, puis d’écrire leurs pensées.

Avant l’explication de nos choix, il faut savoir que Moi, Daniel Blake est un film dramatique qui dure 1h40 et qui est sorti le 26 octobre 2016. Dans ce long-métrage, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de plusieurs problèmes cardiaques. Mais malgré l’interdiction de son médecin de travailler, il se voit signifier l'obligation d'une recherche d'emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center » pour rechercher ce fameux travail, Daniel va croiser le chemin de Katie, mère célibataire, et ses deux enfants, qui a été contrainte d'accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. On suivra tout au long de cette histoire l’entraide entre Daniel et Katie.

Pour revenir à nos choix, ils ont été très simples, nous avons sélectionné des photos en mode portrait des deux "personnes" qui nous intéressent, le réalisateur, Ken Loach et le personnage principal du film, Daniel Blake. Au-dessus de ceux-ci sont dessinées 2 bulles, qui représentent leurs pensées. Dans celles-ci, on trouve des mots qui, entre autres, les représentent. Pour Blake, on a utilisé des couleurs ternes qui montrent la dureté et l’injustice du monde dans lequel il vit (noire) mais avec un peu de bonheur (jaune) qu’il reçoit grâce à Katie et ses enfants ou encore son voisin. Les mots de couleur jaune décrivent également sa personnalité, présentent le personnage. Pour Loach, on a choisi des couleurs plus vives, les quelques mots de couleur bleue décrivent l’auteur, les verts sont des techniques de filmage qu’utilise Loach, et les mots en rose sont les principaux thèmes de son film. La citation en dessous est une citation de Loach qui nous a plu car elle est vraie.

Globalement, nous avons bien aimé ce film, il était intéressant, touchant et représente bien le monde actuel. De plus, les techniques de filmage sont bien adaptées, ce qui rend le film agréable à regarder. Nous vous le recommandons.

 

Enfin Clémence Billard et Manal Benayad, ainsi que Manon Ayma et Estelle Grapain ont préféré le dessin pour rendre compte de ce film :

Affiche_Clemence_et_Manal.jpg
de Clémence B. et Manal B.

 

Scan_1.jpg

Idées d'Estelle et Manon

Dessin de Manon

Quelques explications...
Moi, Daniel Blake est un film qui plonge le spectateur en suspens, en haleine face à la vie de ces personnages, en particulier Daniel et Katie, dont la vie ne tient qu'à un fil, dont les poissons sont en quelque sorte l'allégorie. Ces personnages évoluent dans une société britannique et son système d'aides sociales obscur, le tout dans une ambiance terne, dénudée de couleurs, de joie... d'où nos choix graphiques.Explication des choix artistiques de Manon et Estelle : de la violence dans la douceur

Moi, Daniel Blake est un magnifique film dramatique très représentatif de la précarité des sans emplois britanniques pour qui les centres d'aide et les loisirs populaires tel le foot sont leur seul soutien.

Avec une fin qu'on devinait dès le départ malgré les détours du scénario, ce long-métrage n'en est pas moins à couper le souffle de par son réalisme frappant dans la douceur globale de son ambiance.

vendredi 17 février 2017

Sonita, trois critiques en ligne...

Tout d'abord celle de Déborah Caron :

Sonita : chant pour la liberté

Le tout dernier film de Rokhsareh Maghami a su émouvoir son public. Avec son documentaire, la réalisatrice nous fait découvrir la vie de Sonita, jeune fille afghane, clandestine en Iran, qui refuse de se faire vendre en mariage pour que son grand frère puisse à son tour acheter sa future femme. En effet, en Afghanistan, la tradition veut que les jeunes filles à marier le soient parfois de force contre de l'argent. Sonita perçoit cette tradition d'un mauvais œil : les femmes ne sont pas à vendre comme de vulgaires moutons. Alors qu'elle rêve de devenir chanteuse de rap pour chanter tout haut ce que les femmes pensent tout bas, son pays le lui interdit, puisque le chant, en particulier pour les femmes, est prohibé. Le documentaire rend l'histoire plus touchante. Vous imaginez-vous devoir subir des coups pour votre mariage ? Non, sûrement pas. Pourtant, c'est la vie de beaucoup de filles dans le monde.

 

Au travers de la caméra et de l'intervention de l'équipe de tournage, nous avons pu suivre le combat de Sonita tout au long du film. A l'aide des gros plans souvent utilisés, on peut plus facilement décrypter les émotions des personnages et, de cette façon, être directement transporté dans leurs univers. Sonita ne baissera pas les bras et sera même aidée par la directrice du centre, ses amies et un ami avec lequel elle fait du rap. Malheureusement beaucoup de personnes s'opposeront aussi à sa bataille, tels que le propriétaire du petit appartement où elle vit avec sa sœur et sa nièce, ou bien encore les producteurs de musique qui lui refuseront d'enregistrer un morceau. Mais rien ne résistera à la jeune rappeuse, elle fera face à chaque obstacle et les surmontera un par un. Jusqu'au jour où sa mère voudra la ramener avec elle en Afghanistan.

Sonita est mise au pied du mur, la seule solution qui s'offre à la jeune fille serait l'argent, or elle n'en a pas. Rokhsareh Maghami, la réalisatrice, décide alors pour le bien de Sonita d'enfreindre les règles d'un documentaire et d'intervenir, en payant 2 000 dollars pour lui offrir 6 mois de plus en Iran. On s'aperçoit bien que le documentaire est, la plupart du temps, tourné en une seule prise. Cependant, il y a certains moments dans le film où nous avons l'impression que la scène a été retravaillée et sans doute pas tournée sur le vif. De plus, dans la deuxième scène du film, où le personnage principal du documentaire présente sa famille à la caméra, le poster derrière elle se décroche et rend la situation un peu embarrassante et quelque peu gênante. Et cette impression revient à plusieurs reprises durant les 1h31 du documentaire.

 

Dans cet émouvant documentaire, l'Amérique occupe une place de « sauveteuse » : elle est, pour Sonita, un lieu sûr où elle pourra chanter et avoir un métier futur, « réussir sa vie » précise t-elle dans le film. Pour notre jeune rappeuse, l’Amérique est un objectif qui lui garantira un avenir sans mariage arrangé, sans problèmes d'argent et sans Talibans. Nous percevons alors l'Amérique comme un pays libre, où tous les habitants sont égaux, où aucun problème de religion ne règne. Ce grand continent nous apparaît comme idyllique, presque inatteignable et bien trop loin sur un planisphère, par rapport à l'Iran.

Être une fille en Iran signifie tout autre chose qu'en Amérique. En Amérique, la femme est libre alors qu'en Iran elle subira les coups de sa famille si elle n'accepte pas le mariage. Elle sera frappée jusqu'à ce qu'elle cède. Comme le chante très joliment Sonita, « dans ma ville, les femmes sont muselées ». Les femmes ne peuvent pas chanter car c'est indécent. En outre elles doivent porter le voile en toutes circonstances. On revoit clairement Sonita, au début du documentaire, demander à Rokhsareh Maghami de couper la caméra pour qu'elle puisse enlever son voile.

Là-bas, en Afghanistan, dans la famille de Sonita, l'argent est au centre de tout. Sa mère ne pense qu'à l'argent et incarne une mauvaise image de la femme : elle est vénale et cupide. Le mariage de sa fille ne l'intéresse pas, elle veut seulement l'argent pour que son fils puisse se marier lui aussi. Ainsi, elle pense que Sonita ne doit pas chanter mais qu'elle devrait plutôt apprendre à être une bonne épouse à marier, ce qui sous-entend apprendre à cuisiner, à coudre, à s'occuper de la maison … Le mariage, plus généralement, n'a pas lieu pour le bonheur du couple mais pour l'argent, encore une fois. Les filles ont un prix, et sont vulgairement vendues, comme si les filles étaient du bétail. Malheureusement, c'est un marché. Certaines filles du centre, même si elles vivent en Iran, témoignent de leur mariage, l'une d'entre elles est mariée avec un homme de 35 ans, alors qu'elle en a à peine 16. La mère de Sonita elle-même a dû épouser un homme tellement plus âgé qu'elle qu'elle l'appelait son « oncle ». Les filles du centre sont bien trop timides pour faire entendre leur voix, alors Sonita le fera pour elles, avec son rap.

 

Puis celle de Clémentine Miconi :

La dompteuse de mots

Ses rêves, sa détermination. Voilà ce qui nourrit Sonita, jeune Afghane à peine sortie de l'enfance et réfugiée en Iran avec sa sœur et sa nièce. Sur son chemin semé d'embûches, elle rencontre Rokhsareh Ghaem Maghami, celle qui deviendra très vite la réalisatrice d'un documentaire autour de l'adolescente, mais aussi de son clip de rap. Cette vidéo, qui malgré le peu de moyens financiers de l'équipe de tournage, restera marquante. Le fond noir contraste avec la robe blanche dont est vêtue Sonita, et c'est de son sang dont elle tachera cette même tenue de noces, déjà imprégnée de ses larmes. Il ne s'agit pas que de ses pleurs, mais deceux aussi de toutes celles qui subissent ce terrible destin inévitable, qui pèse sur leur enfance tourmentée par la peur. Derrière notre écran nos oreilles sifflent, notre souffle saccadé est alimenté par la colère s'étant emparée de nos muscles, nous souffrons pour elle mais cela n'est-il pas un sentiment bien dérisoire et égoïste qui nous envahi de là où nous sommes ?

Il y a aussi la honte qui nous a assaillies, celle d'avoir pu nous emporter contre notre frère ou notre père qui n'a pas voulu nous emmener en soirée, mais ne vaut-il mieux pas cette contrariété futile que d'être emmenées de force, par ces derniers, à l'autel ?

Plus que le destin, c'est la rage et le talent qui animent la jeune fille. Dès son plus jeune âge, l'art de jouer avec les mots, avec ses « vers » qui sont sa poésie, devient naturel et c'est ce talent qu’elle met à profit pour se révolter face à la tradition, celle du mariage qui est une sentence pour toutes ces Afghanes ne pouvant s'opposer à la décision familiale.

Lorsque Rokhsareh Ghaem Maghami fait le choix de filmer le quotidien de Sonita, elle devient son ombre, et même parfois plus, peut-être trop. Elle va jusqu'à interférer dans la vie de la jeune fille, en payant pour repousser un mariage forcé et un retour au pays de naissance de cette dernière. Entre éthique que tout documentariste se doit de respecter et l'envie de continuer son film mais aussi de sauver sa protégée d'une vie qu’elle n'a pas désirée, la cinéaste fait un choix qui lui sera sans doute reproché par certains mais qu'elle ne regrette en aucun cas. Si Sonita peut profiter d'une bourse d'étude aux Etats Unis aujourd'hui, ce sont les 2000$ de la réalisatrice qui lui ont donné assez de temps pour être dénichée par une chercheuse de talent américaine.

Cette trop grande proximité entre la réalisatrice et son « sujet » minent parfois l'image. On ne sait si ce que l'on voit est réel ou si c'est une scène rejouant des événements passés, si c'est en trop ou si, au contraire, ce n'est pas assez. Car si obtenir les papiers de Sonita fut une épreuve difficile, il est étonnant de voir la facilité avec laquelle une caméra a pu entrer à l'intérieur même d'une des passerelles du gouvernement. Cette légèreté quant à la représentation faite de l'Etat afghan, avec ces agents souriants qui saluent presque la caméra est de trop, on n'a pas envie de voir cela alors que l'on a connaissance des pratiques légales en vigueur dans le territoire.

C'est un film documentarisé qui laisse un avis mitigé, mais qui, malgré les quelques petits reproches qui lui sont faits reste d'une grande qualité par le choix du sujet et les prises de positions assumées par tous les acteurs du projet.

 

Et enfin celle de Manon Ayma:

SONITA, un film engagé qui fait chaud au cœur

Dans Sonita, nous suivons le parcours d'une jeune femme éponyme ; encore mineure, elle vit en Iran et souhaite vivre pour sa passion dans un pays où les femmes sont opprimées et où la religion et les lois interdisent moult choses, telle la musique, ce dont Sonita souhaiterait vivre.
Placée dans un centre pour les mineurs en difficulté, elle vit chez sa sœur et use de son temps libre pour rapper, vivant dans l'absence de ses deux frères aînés. L'un d'eux voudra la vendre et la marier pour lui-même s'acheter une épouse. Là est le sujet principal du film : les mariages arrangés où de jeunes voir très jeunes femmes sont vendues en mariage comme du pur bétail selon les dires de Sonita elle-même.

Filmée par Rokhsareh Ghaem Maghami et son équipe de tournage comme un simple documentaire, Sonita tentera en vain de se lancer dans le rap, avant que sa mère ne décide de la ramener en Afghanistan où elle souhaite la marier de gré ou de force.
C'est alors que le film, qui avait une allure documentaire de par, selon une liste non-exhaustive, son cadrage tremblant et une évolution du scénario incertaine jusqu'alors, prend à cet instant une tournure bien plus humaniste ou peut-être devrait-on dire plus réfléchie, impossible de savoir si l'équipe de tournage avait alors décidé de payer 2000$ pour sauver son film ou simplement par volonté d'aider Sonita à réaliser ses rêves.

La réalisatrice nous montre ici une réalité frappante et des femmes de tous âges oppressées par le mariage ; des jeunes filles qui peuvent être promises très jeunes et pour des sommes d'argent moindres tant leurs familles sont dans le besoin, et ce point de vue très engagé du film est très agréable pour sensibiliser les plus jeunes et les moins avertis sur la condition du reste du monde.
Sonita est un film que l'on pourrait classer, comme dit précédemment, de documentaire et même de tranche de vie, mais plus que cela, c'est un film touchant, de par l'histoire qu'il présente, les causes qu'il défend, et la réussite de Sonita, malgré la violence présente dans le clip de rap de la jeune fille, il y subsiste une certaine poésie, et même si le cadrage est tremblant au court du métrage, on saisit clairement que ces désagréments sont dus aux conditions de tournage, et non à un choix du réalisateur ce qui, dans le cas de Soy Nero de Rafi Ptts, rendait le film angoissant et plus oppressant.

Le film se finit pourtant de façon très douce, peut-être même un peu plate voire presque brutale, comme si le spectateur était lâché estomaqué sans en savoir suffisamment sur la suite des événements, mais Sonita n'en est pas moins un long-métrage admirable qui met du baume au cœur à quiconque ayant des rêves à réaliser.

 

 

 

 

vendredi 10 février 2017

Sonita, quelques travaux originaux d'élèves

Quelques élèves de la classe ont choisi de produire des travaux un peu plus personnels sur le film Sonita, merci à eux ! 

Les voici :

Affiche_Sonita_Elea.jpg
par Eléa Chaillot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Affiche_Sonita_Laury.jpg
par Laury Fortin

 

Collage de Yasmine Luftner et explications de la démarche :

Collage_Sonita_Yasmine.png
 

Explications : sur ce collage, Sonita est en robe de mariée comme dans son clip où elle défend les femmes, mariées de force pour de l’argent. Elle est au premier plan car c’est le personnage principal et doit être mise en avant. Le tapis rouge où elle se tient montre que son chemin est celui de la célébrité ; en effet, dès le début du film on la voit coller une photo d’elle sur celle de Rihanna.

Sur les côtés, il y a deux pays : l’Afghanistan à gauche et l’Amérique à droite. Sa famille se trouve en Afghanistan.

Sur le collage, on trouve le frère et la mère qui veulent que Sonita se marie pour 9000 dollars pour .... acheter la fiancée de son frère.

Un sniper vise Sonita car, dans ce pays, chanter est interdit et peut causer de sérieux problèmes. Elle prend un risque en tournant un clip mais cela à permis qu’une Américaine (femme sur l’ordinateur) la remarque et lui donne la chance d’aller dans une école aux Etats-Unis. C’est d’ailleurs là-bas qu'elle fera son tout premier concert, un pas vers la célébrité qu’elle convoitait tant (d’où l’image des paparazzi).

En arrière-plan, il y a la réalisatrice Rokhsareh Magami , celle qui l’a filmée tout au long de son parcours. Elle est derrière Sonita, comme un ange-gardien car, sans elle, Sonita n’aurait pas pu réaliser son rêve.

Ce collage montre le monde de Sonita, vouloir être rappeuse alors qu’on est afghane n’est pas chose facile, cela pourrait même être impossible. Mais Sonita montre bien qu’il faut braver l’impossible pour réaliser ses rêves. Sonita est un film “documentaire” émouvant, même si parfois les scènes sont surjouées. On y apprend plein de chose sur la tradition afghane mais aussi iranienne et les lois religieuses qui peuvent l’entourer. C’est un film à voir absolument.

 

Affiche_Sonita_Salome.jpg

par Salomé Petitfourt-Plivard

mardi 3 janvier 2017

Prix Jean Renoir des Lycéens 2016-2017, dates des dernières projections

Titre, réalisateur

Date et heure de projection

Année de sortie -

Durée du film

Moi, Daniel Blake

de Ken Loach

Affiche_Moi__Daniel_Blake.jpg
 

 

Jeudi 5 janvier 2017

Séance ouverte au public

Accueil à 19H15

19H30 : Présentation du réalisateur et du film par les élèves puis projection

2016 -1H40

Baccalauréat de Cristian Mungiu

Affiche_Baccalaureat.jpg
 

 

Jeudi 9 février 2017

Séance ouverte au public

Accueil à 19H15

19H30 : Présentation du réalisateur et du film par les élèves puis projection

2016 – 2H08

Tramontane de Vatche Boulghourjian

Affiche_Tramontane.jpg
 

 

Jeudi 2 mars 2017

Séance ouverte au public

Accueil à 19H15

19H30 : Présentation du réalisateur et du film par les élèves puis projection

2016 - 1H45

Les Oubliés de Martin Zandvliet

Affiche_Les_Oublies.jpg
 

 

Jeudi 6 avril 2017

Séance ouverte au public

Accueil à 19H15

19H30 : Présentation du réalisateur et du film par les élèves puis projection

2016 - 1H41

mardi 20 décembre 2016

Sonita, critique en musique et en rap par Estelle

Le film Sonita a inspiré Estelle qui a choisi de faire sa critique en rap, 

Pour l'écouter, cliquez sur le lien ci-après : 

Critique_Sonita.mp4

 

Illustration_Sonita.JPG
Chut et écoutez...

 

Voici les paroles de la chanson d'Estelle : 

La tradition pas au goût de tous

 

Ce documentaire touchant il faut en parler,

C’est une réalisation de Rokhsareh Maghami,

C’est vrai qu’elle est très douée, en nous faisant partager

La vie de Sonita Alizadeh. Attendez j’ai pas fini.

 

Maghami est attirée par la différence

De Sonita qui est clandestine en Iran,

Elle dénonce le mariage forcé en Afghanistan,

Une tradition là-bas, pour elle c’est pas évident…

 

Elle vit en Iran mais sa mère vient la chercher

Elle n’a pas son mot à dire, elle est juste obligée

Elle va chanter, rapper pour pouvoir s’en sortir

Et va se faire repérer et va enfin pouvoir fuir.

 

Beaucoup de gros plans sur son visage malheureux

On peut le voir dans son clip d’ailleurs on peut pas faire mieux

L’instabilité d’la caméra ce n’est pas gênant,

On suit l’évolution d’Sonita comme si on y était vraiment

 

La réalisatrice intervient dans son documentaire

Elle veut sauver Sonita et ne veut pas laisser faire

Sa famille qui n’pense qu’à l’argent et oublient l’bonheur d’leur enfant

Ils s’en fichent vraiment, c’est trop dégoûtant

 

Si Maghami n’était pas intervenu

Sans Sonita c’est sûr le film était foutu

Le fait de suivre ce qui se passe nous intéresse

On ne voit pas l’temps qui passe, on est d’dans on y reste

 

Le but de ce film est de dénoncer la tradition

Montrer la stupidité c’n’est pas d’la diffamation

Des fois on pense que les scènes sont un peu jouées

Reconstruites, pas naturelles et c’est sûrement vrai

 

Mais ça n’gâche pas tout’la sensibilité on peut l’comparer

A Wadjda et Timbuktu qui eux nous ont montré

Ce qui se passe dans les pays du Moyen-Orient

Et y a pas pire mais c’est quand même bien différent..

 

Intro...

 

On peut se raccorder au fait que Sonita a un parti pris

On voit qu’elle est attirée par les Etats-Unis

Les murs de sa chambre sont tout recouverts

De posters que ses frères et bien n’apprécient guère

 

Ce documentaire est si intéressant

Que l’on découvre des pays différemment

Il est pas du tout ennuyant mais hyper-poignant

Je vous le recommande bien évidemment

 

Pour finir je vous invite à découvrir son clip

Qui est sur youtube, puis vous comprendrez le principe.

Ce principe qui est son combat au quotidien

Allez donc écouter, je vous fais partager le lien

https://www.youtube.com/watch?v=n65w1DU8cGU

Sonita – Brides for sale

 

Pour la musique, merci à INSTRU RAP CONSCIENT MELANCOLIQUE - (Purpoz Produxion)

https://www.youtube.com/watch?v=6UstW13F-kA

samedi 10 décembre 2016

Evreux en images...

30 novembre au 2 décembre

Cinq élèves de première L et Mme Ferrière,

au 12 ème Festival Européen du Film d'Education d'Evreux.

Au programme : Exercices de groupes en rapport à la critique cinématographique, visionnage de trois courts-métrages et de trois longs-métrages, rencontres avec des réalisateurs, débats..
 

Montage_Clementine.jpg
 

Montage réalisé par Clémentine Miconi

Notre 3ème et dernier jour à Evreux...

Le 2 décembre 2016 ou notre 3ème jour à Evreux

 

Et voilà... C’est bientôt déjà le départ… nous nous réveillons tranquillement après une bonne nuit de sommeil, nous nous préparons et nous prenons notre petit déjeuner qui, comme les autres jours a été bien mérité ! Nous remontons à notre chambre pour la ranger et terminer nos valises. Voilà, tout est prêt, nous quittons l’hôtel pour retourner au cinéma, repaire de ces trois jours.

Arrivées au cinéma, nous devons attendre pour aller à l’université. Après un court instant, nous voilà partir pour l’université… du travail nous attend.

IMG_4126.JPG
Ninon et Salomé en pleine activité (Photo : Laury Fortin)

Comme nous le savons, notre critique doit être construite, avec une accroche, un paragraphe argumenté ainsi qu’une conclusion, elle doit proposer un plan et une progression identifiable.Une fois installées dans la salle de classe, nous devons rendre nos impressions des films vus la veille, les avis sont mitigés, certains aiment, d’autres détestent. Il est temps d’écrire notre critique personnelle, l’objectif final de ces trois jours intensifs. Pour cela, nous devons choisir un des films vus, pour avoir une écriture documentée et faire une bonne analyse de celui-ci. Une critique est un texte argumentée, tout jugement doit être justifié par des éléments concrets constructifs du processus filmique sur lesquels il s’appuie... Voilà ce que j'ai retenu.

Après avoir bien avancé notre critique, nous retournons au CROUS pour la dernière fois… une fois le ventre rempli, nous retournons dans la salle afin de finir notre critique que vous aurez l’occasion de lire sur le site http://blog.festivalfilmeduc.net/category/articles-de-nos-reporters/jeunes-critiques/ ou sur Méz'Infos. 

Voilà, des groupes s’en vont et c’est bientôt à notre tour de mettre fin à ces trois jours intenses et riches en émotions.

Il est 15h, nous quittons la salle pour aller chercher nos valises et nous rendre à la gare.

18:57, retour à Argentan, retour à la réalité, et au métro, boulot, dodo.

 

Ludivine Hatrel.

Un dragon pas qu'en papier et une belle rencontre

 

Affiche_quand_j_avais_6_ans.jpg
 

Après deux courts-métrages Merci Cupidon et La Fée avec Abel et Gordon, les deux clowns belges, en 2011, Bruno Romy revient sur le grand écran en conservant le ton de ces virevoltants ballets poétiques pour évoquer le cancer de sa fille cadette, avec un patchwork de saynètes humoristiques, de séquences d’animation, de chorégraphies loufoques et de passages en playback.

 

Dessiner_l_indicible.jpg

Dessiner l'indicible

Annabelle et Bruno apprennent le 5 avril 2012 que Mika, leur fille âgée de six ans, est atteinte d'une leucémie. Nous allons suivre le parcours de cette petite fille avec ses parents et sa sœur Caly, mais aussi son médecin Odile. Quand j’avais 6 ans, j’ai tué un dragon raconte les effets secondaires de la chimiothérapie, les mutations du corps, les ponctions lombaires, Bruno Romy y décrit le séisme du diagnostic, la vie d'un service d'oncologie pédiatrique – celui du CHU de Caen -, les incessants séjours à l'hôpital et la vie quotidienne de chacun.

Les voix off de quatre personnages racontent ce parcours bouleversant, dans la poésie et l'humour, et évoquent les états d'âme de l'enfant comme des parents.

Un parcours haut en couleurs que cette petite famille nous fait partager pendant 69 minutes.

IMG_4051.JPG

Rencontre avec Bruno Romy

Avec la rencontre du réalisateur, un approfondissement a été fait sur la compréhension du film, Bruno Romy a expliqué qu'il avait veillé à placer des touches d'humour après les scènes touchantes et tristes, il a joué aux montagnes russes avec nos émotions. Mais, de plus, il a tourné des scènes qui n'ont pas eu lieu dans la vraie vie, une sorte de filtre pour éviter de trop chambouler les spectateurs comme les scènes humoristiques, de nombreuse scènes sont métaphoriques. On s'amusera de la scène avec les bananes, avec la chanson de Philippe Katherine en bande-son tonitruante.

Les dessins ont pris une place très importante dans ce long-métrage parce que Mika a beaucoup dessiné à l'hôpital mais aussi parce que la mère, Annabelle, est graphiste dans un cabinet d'archéologie.

L'idée de ce documentaire est venu à Romy car il a fait un court-métrage pour les camarades de classe de Mika. Initialement, il ne souhaitait pas faire une sortie au cinéma mais la sortie du film a été encouragée par France 2, une assistante de la chaîne a suivi le réalisateur pendant le montage, il a d'abord fait une première version en septembre 2015 puis une deuxième en décembre 2015.

Bruno Romy est passé dans plusieurs émissions comme Les maternelles ou encore sur France Inter. Le rencontrer a été un moment marquant pour tous.

 

Salomé Plivard

 

 

 

Alike ou l'éloge de la création

 

Ne nous trompons pas, malgré son titre, c'est bien de la nécessité de la création, de la richesse apportée par cet autre qu'est l'artiste dont nous parle le court-métrage Alike de Daniel Martínez Lara et Rafael Mendez Cano, court entièrement réalisé sous Blender, un logiciel libre pour la modélisation 3D.

alike_poster_mini-220x313.png
"Alike" mais si différents

Meilleur court-métrage aux Goya 2016, Alike se dessine sous nos yeux tout en gris, bleu et orange. Du gris il y en a, comme symbole de l'uniformisation et de la monotonie des vies routinières qui rongent quiconque a le cœur bleu ou de l'orange plein la tête et les mirettes. Le Papa tout en bleu devient tout gris quand s'accumulent, sur son bureau, des masses de dossiers semblables à traiter, son fils tout orange perd sa belle couleur quand, à l'école, on apprécie peu ses fantaisies alphabétiques. Quand l'artiste violoniste qui enchantait leurs trajets routiniers dans la ville toute grise disparaît et que le fiston fait grise mine, rien ne va plus. Les compromis ne sont alors plus de mise.

Alike, petite œuvre pleine de créativité, rappelle à tous que la norme est faite pour être détournée, que sans l'art et la création nos vies seraient bien monotones. A chacun de trouver le bon antidote à la déprime.

Sabine Ferrière.

Notre 2ème journée à Evreux

Place au travail, la journée commence avec des mots lancés sur le tableau pour caractériser le film Diamond Island, une façon aussi de préparer la rencontre avec Davy Chou pour son film.

IMG_4008.JPG
Davy Chou devant les mots qui caractérisent, pour nous, son film Diamond Island

Après cette intervention, les bénévoles du CEMEA nous ont lancé sur plusieurs petites activités comme réussir à résumer un film avec seulement une à deux phrases ou encore écrire la conclusion d'une critique. Grâce à ces exercices et à d'autres, souvent sous forme de jeux, nous apprenons peu à peu la technique pour produire une critique de film.

 

Les bénévoles nous aident et discutent avec nous, nous apprenons beaucoup grâce à ces multiples petites expériences.

Salomé Plivard

vendredi 9 décembre 2016

Demon Island...

Après Sommeil d'Or, sorti en 2011, Davy Chou revient sur le grand écran avec Diamond Island son nouveau long métrage. Fiction documentaire, Diamond Island dénonce avec réalisme et parfois humour un nouveau Cambodge voulant à tout prix ressembler aux standards occidentaux.

Affiche_Diamond_Island.jpg
 

Bora, 18 ans, jeune Cambodgien gagnant une misère sur un chantier de Diamond Island retrouve un soir, lors d'une sortie avec ses amis d'infortune, son grand frère, Solei, dont il est depuis plus de cinq ans sans nouvelles. Bora est confronté à un nouvel univers, celui de Solei et de ses amis, la jeunesse un peu plus dorée de Diamond Island.

Admiratif de son frère et curieux de cette culture matérialiste dans laquelle ce dernier baigne, Bora se perdra entre deux mondes : celui des amitiés de toujours et celui plus artificiel - mais néanmoins tant fantasmé - où seulement ceux qui possédent existent. Bora nous rappelle le Nero de Rafi Pitts à la quête d'un monde plein d'illusions, celles de l'American dream dans Soy Nero. Bora comme Nero ont les mêmes rêves américains.

Il est important de souligner la mise en scène et le jeu d'acteurs travaillés avec brio par Davy Chou entre couleurs pop, travelling et plans larges, ces procédés donnent à l'image une place capitale, comme indispensable à la signature des mots échangés. Dans ce film, il nous offre un jeu d'acteurs non professionnels locaux comme celui de Sabon Nuon (Bora), chauffeur de taxi dans la réalité. Nous retiendrons aussi le nom de Samnang Nut (Virah), inoubliable par ses techniques de dragues farfelues, bien dissimulées sous sa paire de tongs.

De son talent d'autodidacte et de sa passion, Davy Chou a créé un film nous rappelant que l'amour et l'humour ne résistent à aucune barrière et encore moins à celles de la pauvreté … encore faut-il ne pas y perdre sa place et garder en tête ce que l'on est. Diamond Island est à découvrir d'urgence dès le 28 décembre sur grand écran !

Ninon Louvet

Dimanche 4 décembre 2016

Le Festival Européen du Film d'Education à Evreux : notre première journée !

IMG_3876.JPG
Salomé et Ninon

Mercredi 30 novembre, à 11 heures et quelques minutes, nous voilà arrivées pour trois jours au Festival du Film d’Éducation à Évreux. Après un voyage en train et un bon petit chocolat viennois, une navette nous attend pour nous emmener direction le cinéma Pathé.

Nous sommes parties pour une journée que l'on peut qualifier de «découverte» car nous découvrons pour la première fois nos cinq principaux lieux d'activités pour ces trois jours : le cinéma, le restaurant universitaire, l'université, l’hôtel puis le restaurant du soir : le Barkley's, une bonne adresse. 

Après un bon petit repas au restaurant universitaire, c'est l'après-midi que commence réellement notre parcours de jeunes critiques, les encadrants nous expliquent les objectifs de ces trois jours, c'est-à-dire voir des films, savoir prendre du recul sur nos premiers ressentis, savoir analyser et, bien sûr, savoir écrire une critique cinématographique.

IMG_3971.JPG
Elèves comme professeurs en plein travail

Et c'est ainsi que se sont enchaînés nos premiers exercices. Tout d'abord, nous nous sommes présentés, nous avons dit quel était le dernier film que nous avions vu et quand. Ensuite, nous avons travaillé autour des mots «critique» et «film», une feuille avec différents registres cinématographiques que nous devions remplir et un questionnaire vrai ou faux, histoire de tester notre connaissance du vocabulaire cinématographique. Puis, à l'aide de journaux et magazines, nous devions trouver tout ce qui composait une critique (le contenu, les références, les côtés négatifs et positifs...) Histoire de tenir le coup, n'oublions pas le petit goûter qui nous a été proposé !

C'est ainsi que s'est déroulée notre première journée, le soir venu nous avons pris notre premier repas, qui a été je pense bien mérité, au Barkley's !

 

Peu de temps après, vers 20H30, nous sommes retournées au cinéma pour découvrir un court-métrage de Josua Hotz, Nirin et le film de Davy Chou, Diamond Island, film de fiction qui ne sortira en salles que le 28 décembre.

Après ces projections, nous sommes rentrées à l’hôtel pour enfin nous installer mais nous sommes reparties aussi vite car Davy Chou était présent au cinéma le Pathé et c'était l'occasion de pouvoir discuter avec lui de son film, de ses choix... Étant donné que Ninon et Salomé étaient fatiguées, nous sommes parties toutes les quatre Clémentine, Ludivine, Mme Ferrière et moi-même.

IMG_4002.JPG
Davy Chou au micro

Après avoir parlé avec le réalisateur, nous sommes rentrées à l’hôtel pour enfin pouvoir nous reposer après cette longue journée !

Article et photos de Laury Fortin.

 

samedi 3 décembre 2016

Nirin, film mouvementé, triste mais hélas réaliste.

Dans ce court-métrage de 15 minutes, Josua Hotz, le réalisateur, privilégie l'émotion plutôt que l'action.

Nirin, un jeune garçon amusant et souriant mais au destin tragique, part en voyage avec sa mère et ses deux frères. Quelle sera leur destination et quand seront-ils de retour ?

Nirin_ECAL_Josua_HOTZ_02.jpg
Inoubliable Nirin 

Plus les minutes passent et plus on se prend d'affection pour ce petit garçon de 6 ans seulement mais qui en paraît plus par sa maturité et sa compréhension immédiate de la situation ; au contraire, on fait face à une mère très silencieuse qui ne montre pas ses sentiments et qui semble démunie. Gros plans et travelling sont mis en œuvre pour nous faire vivre l'aventure de Nirin jusqu'au bout, jusqu'à la dernière scène. Nous vous conseillons d'aller regarder ce court-métrage le plus rapidement possible, car si cette histoiresemble improbable et injuste, elle reflète une partie du monde africain d'aujourd'hui et, plus précisément Madagascar.Ce voyage de jour et de nuit mêle l'amour entre une mère et ses enfants et l'amour fraternel entre Nirin et ses frères. Cette relation très forte chamboule le cœur des spectateurs car le lien est très fort et visible aux yeux de tous. Le jeune Africain sera donc confronté à une dure situation, il devinera dès le départ quel destin lui sera reservé mais restera silencieux pour ne pas montrer à sa mère toute la douleur qu'il ressent.

Cependant on a une grande difficulté à se mettre à la place de cette mère qui décide de mettre ses enfants de côté pour leur bien, pour leur montrer son amour et peut-être leur permettre un avenir meilleur.

Ludivine Hatrel et Laury Fortin

- page 1 de 7