Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - Isigny-sur-Mer

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 10 avril 2015

Jérôme Félix, un scénariste de BD au collège d'Isigny-sur-Mer

Les 5e du collège d'Isigny-sur-Mer participent à un projet BD depuis le début de l'année scolaire. Ils sont aidés par Jérôme Félix, le scénariste des albums de la série «L'héritage du diable», qui habite à Port-en-Bessin.

Comment avez-vous débuté dans la bande dessinée ?

Avant de faire l'école des Beaux-Arts de Cherbourg et l'école de BD d'Angoulême, je faisais des fanzines tout seul ou avec des copains en les photocopiant. J’allais aussi dans les festivals de BD qui, à l’époque, prêtaient des tables aux dessinateurs amateurs. Et puis, un jour, un éditeur a trouvé mon travail assez intéressant pour le publier. Mais tout ça a pris 15 ans ! Ce qui est difficile, c’est de tenir le coup jusqu’à ce qu’on soit repéré par un éditeur.

À quel âge avez-vous eu la passion de la bande dessinée ?

J’étais en CM1 quand j’ai eu envie de devenir dessinateur de BD. Et je ne sais absolument pas pourquoi. Mais, un jour, j’ai dit à tout le monde que je voulais devenir dessinateur de BD. Puis, vers 13 – 14 ans, mes parents m’ont emmené dans un salon de bandes dessinées près de Paris et j'ai compris que ce métier existait réellement.

Depuis combien de temps travaillez-vous dans la bande dessinée comme scénariste ?

Cela fait environ 15 à 16 ans que je travaille dans la bande dessinée. J’ai commencé comme dessinateur mais je me suis rapidement rendu compte que je préférais inventer les histoires. De plus, je ne dessinais pas assez vite et les éditeurs s’intéressaient plus à mes écrits qu’à mes dessins. La bascule s’est faite en deux ou trois ans. Le dessin ne me manque pas et je trouve intéressant la nécessité de s'adapter aux qualités des dessinateurs.

Pourquoi aimez-vous faire de la bande dessinée ?

Au début, on fait de la BD car on aime bien dessiner. Après, une fois qu’on a la chance de faire des livres, on se rend compte qu’il y a plein de personnes qui vont lire l’histoire qu’on a inventée. J’aime bien savoir qu’on parle à plein de personnes et que l’histoire les a rendue heureux. De plus, comme je raconte rarement des histoires qui se passent dans le même univers, je suis obligé de rencontrer des spécialistes qui sont passionnés. Ainsi, pour une bande dessinée (Le tome 2 de L'héritage du diable) qui se passe au Mont Saint-Michel, j'ai visité les endroits secrets du Mont que les touristes ne peuvent pas voir. Et rien que pour ça, on a envie d’écrire une BD !

Que venez-vous faire dans le collège à Isigny-sur-Mer ?

J’aide les classes de 5e à mettre Le Roman de Renart en bande dessinée. C’est un projet qui permet aux élèves de découvrir ce texte en le situant dans les marais du Bessin, près d’Isigny. Cette activité me permet aussi d’expliquer aux élèves que la BD qu’ils mettent une heure à lire, il faut une année pour la faire. Je me dis qu’après, lorsqu’ils vont lire une BD, ils vont se rendre compte du travail qu’il y a derrière.

Photo_de_l_article_Jerome_Felix.jpg Jérôme Félix et une élève du projet BD

Pierre et Vincent

Des films pour les élèves du Val d’Aure

Depuis 2011, les élèves du Collège du Val d’Aure à Isigny sur mer participent au dispositif « Collège au cinéma » qui permet aux élèves de regarder trois films par an.

« Je suis trop pressé d’y aller » « Tu penses que ça va être bien ? » Voici ce que l'on peut entendre dans la cour le matin d’une projection. Grâce à ce dispositif, financé en partie du dispositif par le conseil général, les élèves sont allés voir des films tels que Wadjda, Persepolis, Rue cases nègres, Le Havre, Libero…, des films variés, souvent sous-titrés.

College_au_cinema.jpg Les élèves à la sortie de la projection de Wadjda réalisé par Haïfa al Mansour

Mais, pourquoi « Collège au cinéma » ?

« J’ai proposé ce dispositif pour développer l’imaginaire des élèves », témoigne Mme de Berranger, professeure de français. « L’éducation à l’image est importante pour moi, et cela permet de montrer aux élèves des films qu’ils n’iraient jamais regarder, de les ouvrir à d'autres cultures, d'autres époques », ajoute-t-elle.

Et, qu’en pensent les élèves ?

« J'ai apprécié le Havre pour son réalisme et pour le très bon jeu des acteurs. J'ai été marqué par la drôle d'ambiance à mi-chemin entre l'ancien et le moderne » commente Mathéo. Dans notre société barbare, certains comme Marcel Marx le héros, ne sont pas si méchants, ajoute Vincent. Wadjda est un film où on voit comment est la vie quotidienne des personnes dans un autre pays, donc c’était plutôt intéressant, confie Florantyne. Il sort de notre réalité, ajoute Djulia. J'ai découvert la culture en Arabie Saoudite, dit Caulyne. Florian cependant n'aime pas lire les sous-titres et il a donc moins apprécié. De tous les films que j'ai vus j'ai préféré Rue cases nègres car il y a de l'action. Ça montre que les Noirs sont maltraités, je m'en souviendrai, explique Luna. Le film qui a le plus marqué Lohan, c'est l'île de black mor pour sa direction artistique il ajoute que les dessins sont superbes. « Ce serait dommage de ne plus avoir Collège au cinéma, déclarent en chœur les élèves de 4ème1. »

Voilà des commentaires plutôt positifs. La majorité des élèves apprécie d'aller à Collège au cinéma.

Léa et Anaïs G.

La drôle histoire du cinéma d'Isigny-sur-Mer

Depuis sa création en 1920, le cinéma d'Isigny-sur-Mer a connu une histoire étrange car il a changé plusieurs fois de lieu.

Le cinéma, qui s’appelait anciennement «Le Familial» et qui se nomme aujourd'hui «Le Club», est apparu en 1920. Les premières représentations cinématographiques ont eu lieu dans l'ancienne halle aux grains édifiée en 1854 et détruite par un incendie en 1936. Elle a été par la suite transformée en salle des fêtes. Puis le cinéma a été installé à côté de la gendarmerie avant d'être déplacé définitivement à l'emplacement de l'ancienne gare ferroviaire depuis 1977. À l'origine, il y avait plusieurs petites salles qui ont disparu au profit d'une seule et grande salle.

Le cinéma a eu également plusieurs propriétaires : M. Leménager, M. Lesieur, M. Woillaume, M. Leterrier, M. Brisset. Maintenant, c'est la commune qui en est le propriétaire.

Gare_1974.jpg La gare d’Isigny-sur-Mer en 1974

Cinema_2015.jpg Le cinéma d’Isigny-sur-Mer en 2015

Ludivine et Anaïs C.

Une portraitiste en dehors des clichés

« Portraitiste de France » depuis 2001, Jacqueline Morel photographie avec originalité la région d'Isigny-sur-Mer et ses habitants depuis son plus jeune âge.

Mme_Morel.jpg Jacqueline Morel en action avec son appareil photo dans les mains.

L'origine de sa passion

« J'ai toujours eu un appareil photo dans les mains. » Pour Jacqueline Morel, la photographie est une passion avant d'être un métier. Née le 4 août 1956, à Carentan, dans la Manche, elle fait des photos depuis qu'elle est toute petite. « À 4 ans, je photographiais mes poupées dans l'escalier chez moi. » Cette passion pour la photographie est née grâce à son père, Louis Morel, qui était lui-même photographe professionnel. Dès son enfance, elle l'aidait déjà au développement et au découpage de ses photographies. Vers l'âge de 16 ans, son père lui a lancé un défi : « Il avait un boîtier reflex qu'il n'arrivait pas à vendre. Il me l'a mis dans les mains et m'a dit que je pouvais avoir l'appareil si la pellicule était bonne. » Les photos étant réussies, elle a obtenu ce que son père lui avait promis et elle a pu développer sa passion.

Une passion devenue un métier

Après son BEPC, elle arrête rapidement ses études. « Je n'étais pas une mauvaise élève, mais la photographie me démangeait trop ! » Son père décide alors de lui apprendre le métier. En 1994, elle est lauréate de son premier prix, le « Portrait d'Or Kodak ». Après la mort de son père en 1980, elle reprend le Studio Morel, à Isigny-sur-Mer, au 21 place du Général de Gaulle. Elle y propose de nombreuses prestations (portraits en studio ou en extérieur ; concours enfants ; couples de mariage ou reportages événementiels...). Depuis 2001, elle a reçu à plusieurs reprises le titre de « Portraitiste de France » du Groupement national de la photographie professionnelle (GNPP) « qui récompense la qualité du travail sur une année ».

Sa vision de la photographie aujourd'hui

Elle n'a jamais eu envie d’arrêter la photographie mais elle y a déjà songé. « Le métier est devenu différent. Il a beaucoup évolué avec l'arrivée du numérique et de la concurrence des sites de développement de photos sur internet. » Cette concurrence fragilise sa situation économique. Heureusement, elle aime toujours autant photographier les déserts ou les poupées qu'elle collectionne : « Je crée des tableaux mélangeant la photo, la peinture, le dessin, le pastel. »

Clémentine et Maëva P.